Le départ de la droite profite aux homosexuels

Lors de son discours de politique générale, M. Ayrault a annoncé pour 2013 le droit au mariage homosexuel et à l’adoption pour tous. Enfin. Nous serons un des derniers pays d’Europe occidentale (excepté l’Italie) à entrer dans ce « club », même un des derniers parmi les pays développés; même l’Espagne, ultra-catholique a pris sa carte de membre.

Ce changement n’a pu ce faire que grâce à une modification des mentalités des Français et de leur classe politique. Aujourd’hui, selon un sondage BVA, 63% des Français sont favorables au mariage homosexuel, et 56% pour l’adoption par un couple de personnes de même sexe. Chez les politiques, la progression a été lente: en 1981, le ministère de la Santé refuse de classer l’homosexualité comme maladie mentale (tout comme l’OMS, mais 9 ans plus tard), avec un certain François Mitterrand. En 1999, nouvelle avancée avec le PACS. Mais ce qu’il manquait, c’était une union avec autant de droits et de devoirs que le mariage actuel, ainsi que le droit pour un couple homosexuel d’adopter. Ce sera fait, mais seulement grâce à l’arrivée de la gauche au pouvoir, qui a fait front pour ces mesures.

Le traditionalisme a fait entrave à ces avancées, véhiculé par les « valeurs de la droite ». Si la gauche, un temps privée de pouvoir est « pour », la droite est (catégoriquement) « contre ». Apportons une petite nuance pour le centre: par exemple François Bayrou est pour l’adoption par un couple homosexuel, avec une union avec les mêmes droits, mais sans parler de « mariage », qui pourrait « choquer » certaines cultures. Parlons du toujours brillant FN, qui exhibe sur son site une interview avec notamment Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du parti, dans l’émission Le téléphone sonne sur France Inter. Pour le mariage, deux « raisons » à cette opposition: 1° Le code civil indique que le mariage est entre un homme et une femme … autrement dit, c’est comme ça depuis toujours, pas la peine de changer la loi, les parlementaires sont là pour faire joli; 2° Même raison que pour l’UMP, l’atteinte à la notion de « famille », basée avec un mari, une femme et des enfants, « cellule fondamentale de la société », basée elle-même sur la reproduction. Autrement dit, autoriser le mariage homosexuel signifie faire chuter la natalité, puisque les homosexuels ne procréent pas, donc la population française s’éteindrait après 100 ans à cause des homosexuels. CQFD. Sauf  que la proportion d’homosexuels dans la société française ne risque pas de mettre en péril la natalité du pays (et le mariage ne changerait d’ailleurs rien).

Cette notion de famille est d’une hypocrisie totale, puisque les familles recomposées se multipliant, avec des couples mariés ou non, ont fait changé sa définition. Il est peu probable que toutes les familles explosent parce que certaines deviennent homosexuelles. De même pour l’adoption: des parents seuls peuvent adopter. Pourquoi pas des parents homosexuels ? Car l’argument des traditionalistes est le « bien-être » des enfants. Seraient-ils plus perturbés avec deux pères qu’avec un. Seraient-ils d’ailleurs perturbés ? Aucune étude n’a montré que les enfants de familles monoparentales sont devenus d’affreux drogués à tendance suicidaire. Il vaut d’ailleurs mieux deux parents de même sexe qui vivent en harmonie avec une bonne éducation que deux parents de sexe différents qui rentrent chaque soir éméchés, l’homme tapant la femme et les parents se désintéressant des enfants. De plus, dans le monde, il y a toujours trop peu d’adoptants par rapport aux adoptables. Donc si les couples homosexuels adoptaient, nombre d’enfants dans des pays en crise trouveraient un avenir meilleur.

Quant à l’UMP, elle est divisée. La génération très traditionaliste (Copé, Sarkozy, Bertrand) s’oppose à la génération plus progressiste (dont Dati, qui a démenti que l’UMP ait refusé le mariage homosexuel). On assiste donc à une mutation des idées, qui pourrait conduire à un isolement de la seule extrême-droite.

Tout ça pour en conclure que ces combats droitiers répondent à la loi de « l’emmerdement maximal »: donner des droits aux homosexuels changera leurs vies, pas celles des hommes et femmes politiques hétérosexuels.

Reste encore deux questions: celle de l’homophobie encore latente et assez développée, qui empêche non seulement les avancées juridiques, mais les homosexuels de vivre libres et en paix; et celle de la procréation indirecte pour les couples homosexuels. Dans ces domaines, les Français semblent encore en avance sur leurs représentants.

Scipion

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