Parti Socialiste : Qui pour succéder à Martine Aubry ?

En dehors de la fameuse guerre des chefs à l’UMP, la relève de Martine Aubry à la tête du PS se prépare, et le nouveau premier secrétaire occupera ses fonctions dès la fin du congrès du parti, en Octobre prochain. De nombreuses problématiques de gouvernance se posent : quel doit être le rôle du parti par rapport au gouvernement ? Comment corriger certains problèmes de corruption dans des fédérations telles que la fédération du Pas-de-Calais ? Plusieurs candidats se sont officiellement présentés, d’autres officieusement, avec des profils et des lignes politiques diverses.

Jean-Christophe Cambadélis : Fervent militant d’extrême gauche dans sa jeunesse, notamment au Parti Communiste Internationaliste, il rentre au PS en 1986. Presque naturellement, il s’inscrit à l’aile gauche du parti, alors dominé par Henri Emmanuelli. Malgré ses convictions, il devient proche de Lionel Jospin, et surtout de Dominique Strauss Kahn. Son courant de pensée plus à gauche évolue vers une synthèse entre les pensées de Rocard et Jospin, qui tend vers une pensée sociale-démocrate. En 2008, il soutient cependant notre chère Martine Aubry. Il devient alors au congrès de Reims de la même année, secrétaire national à l’Europe et à l’International. Dès lors, les relations du PS avec les partis de gauche européens, notamment le SPD allemand, vont s’intensifier, pour bâtir la base d’un programme commun. C’est un des principaux favoris dans la course à la direction du parti.

Harlem Désir : Harlem Désir, actuel numéro deux, s’est fait connaître pour son engagement associatif au sein de l’UNEF-ID, syndicat étudiant, et en tant que fondateur et président de SOS Racisme en 1984. C’est en 1993 qu’il adhère au parti socialiste, au sein du courant « Gauche Socialiste », fondé par un certain Jean-Luc Mélenchon. C’est au congrès de Reims qu’il devient secrétaire national chargé de la coordination, poste équivalent au numéro deux du parti. Il est nommé premier secrétaire intérimaire durant les primaires citoyennes. Lors de la déclaration de sa candidature, il a expliqué vouloir continuer la politique de Martine Aubry, qui consiste selon lui à un renouvellement démocratique du parti. C’est également un favori pour le poste de premier secrétaire.

François Rebsamen : L’actuel maire de Dijon a été numéro deux du PS de 1997 à 2008, aux côtés de François Hollande. Sa ligne politique se rapproche de celle de Jacques Delors, c’est-à-dire une gauche libérale, plutôt modérée. Il est également ouvert à des alliances avec le Modem de François Bayrou, en témoignent les élections municipales de 2008, à contre-courant de nombreux cadres du parti. Celui qui est également président du groupe socialiste au Sénat a les faveurs de l’Elysée pour devenir premier secrétaire.

Gaëtan Gorce : Cofondateur du courant strauss-kahnien « Nouvelle Voix », initiateur du mouvement des Rénovateurs aux côtés de Manuel Valls notamment, soutien de Ségolène Royal au congrès de Reims de 2008, Gaëtan Gorce est une figure importante de l’aile droite du PS. Le collectif qu’il a fondé, « Dessine-moi un parti », est représentatif de sa volonté de rénovation importante du parti, par exemple pour la parité au sein de la direction. Malgré une ambition intéressante pour le parti, il y a peu de chances qu’il en devienne le premier secrétaire.

Une de ces quatre personnalités deviendra le dirigeant du parti au pouvoir. L’enjeu se dessine surtout autour des problèmes de corruption (Les Guérinis …), et du renouvellement démocratique du parti. L’épisode de La Rochelle avec Olivier Falorni au cours des législatives est l’illustration d’une gestion quelque fois stalinienne du Parti Socialiste, qui a besoin d’un nouveau souffle démocratique. La question des alliances et relations avec les autres partis de gauche est également porteuse de débats : c’est surtout avec le parti écologiste EELV que des interrogations ont lieu, quels types d’alliance faut-il avoir avec ces derniers ? Le débat des alliances avec le Front de Gauche et le Modem doit également avoir lieu. Enfin, le parti doit continuer sur sa lancée concernant les relations avec les partis sociaux-démocrates européens, qui se sont amplifiées à partir de 2008. Faut-il établir un programme commun économique et européen avec ces derniers ? Le prochain congrès, dont le lieu n’a pas encore été dévoilé, signera sans aucun doute le début d’une nouvelle ère pour le PS.

Rocigre

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