Démographie 2050

Si vous avez consulté l’article « Croissez et multipliez-vous »: le dilemme de la surpopulation d’Agrippine, vous pouvez constater que cet article s’apprête grosso modo à traiter du même sujet. Ceci n’est pas un « contre-article », mais les auteurs se réservant le droit d’avoir une opinion différente des autres, il s’agit simplement de l’exposition d’un autre avis sur ce thème. Nous parlerons – sur un mode un peu plus catastrophiste, sans toutefois prophétiser la fin du monde, en pagne, criant de brûler maisons, femmes et enfants – des problèmes que causeront l’augmentation de la population et son vieillissement.

Il est très probable que le seuil de 7 milliards d’humains sur Terre sera bien vite oublié, puisque l’ONU prévoit que nous serons 9 milliards dans 40 ans. Certaines populations ayant déjà du mal à subvenir à leurs besoins avec 7 milliards d’habitants, les ressources naturelles n’en seront que plus disputées avec 9. Si les pays développés – qui ne bénéficieront que d’un faible accroissement naturel, voire négatif pour certains – n’auront pas trop de problèmes de ressources, alors qu’ils en consomment déjà plus qu’ils ne devraient, ce ne sera pas le cas des autres pays. L’augmentation de la population dans certaines régions ne fera qu’accroître les problèmes déjà existants. Par exemple, les conflits sur le partage de l’eau, comme entre le Pakistan et l’Inde, ou entre les Etats-Unis et le Mexique, ne seront qu’exacerbés par la surpopulation, ce qui pourrait entraîner des crises politiques graves en plus des crises écologiques. Si la production agricole ne suit pas l’augmentation de la population (ce qui risque d’être le cas, car l’accroissement des ressources agricoles est linéaire, quand celui de la population est exponentiel), dans régions en difficulté comme l’Afrique (voir l’article L’Afrique, future Chine), cela pourrait amener à des émeutes de la faim. Sans parler par exemple de l’augmentation nécessaire des logements, qui disputent déjà des terrains à l’agriculture. Et des ressources minières qui s’épuiseront bientôt, alors que les demandes en bien de consommation vont augmenter. En effet, les pays en développement posent la question : « Les pays développés ont gangrené la planète pendant deux siècles pour se développer: pourquoi pas nous ? ». C’est à cause de ce constat que la Chine ou l’Inde n’ont pas eu de chiffres contraignants à atteindre à la suite du protocole de Kyoto. Les nouvelles classes moyennes et les nouveaux riches vont réclamer le même confort de vie que les nations développées, ce qui demandera un accroissement de la production d’énergie par exemple, créant peut-être une crise énergétique si cette production n’a pas de source renouvelable. Place, nourriture, eau, énergie, biens de consommation: d’ici à 40 ans, la planète donnera naissance à deux autres milliards d’humains, nous ne sommes pas sûrs de pouvoir subvenir à leurs besoins.

Le deuxième problème démographique auquel sera confrontée la planète est le vieillissement. Le vieillissement de la population, qui a déjà commencé depuis un certains temps dans les pays développés, et qui commence déjà dans les pays en voie de développement, aura pour conséquence l’augmentation du nombre d’inactifs, par rapport au nombre d’actifs. Ce qui pèsera fortement sur les systèmes de retraites, creusant des déficits abyssaux. De même, la fréquentation des hôpitaux augmentera, ainsi que la consommation de médicaments. Non seulement le nombre de retraités – qu’on confondra avec les personnes âgées – mais leur durée de vie aussi, ce qui pèsera encore plus sur les systèmes de sécurité sociale. Avec le développement des pays, on peut penser que de plus en plus adopteront une sécurité sociale, qui couvrira de plus en plus de problèmes de santé. D’où des dettes creusées un peu partout dans le monde. Et ce vieillissement de la population ne traduit pas seulement une plus grande longévité, mais aussi une trop faible démographie, comme en Allemagne, dont le solde naturel très fragile ne reste positif que grâce à l’immigration. Quand les pays d’où sont issus les immigrants se seront développés, les immigrations diminueront. Et les jeunes ne suffiront plus pour renouveler les emplois. D’où un phénomène presque plus grave que le chômage: le trop grand nombre d’emplois, qui affecterait fortement l’économie. Les pays dans ce cas entreront en récession, faute de main-d’oeuvre pour créer de la richesse.

Maintenant, peut-être quelques solutions, pour éviter de se recroqueviller sur soi en pleurant. Puisque la population augmentera quasi-inexorablement, autant trouver des solutions pour subvenir à ses besoins. Pour l’eau, le développement des usines de dessalement de l’eau de mer permettrait d’accroître les ressources en eau potable. De nouvelles techniques scientifiques permettrait d’accroître la productivité agricole (voir l’article Faut-il jouer avec le vivant pour un meilleur futur ?). Pour le logement, on doit tendre à privilégier les immeubles, qui prennent de la hauteur pour une surface plus réduite, au lieu de pavillons avec jardin tendance américaine, tous les pays n’ayant pas un territoire aussi étendu. Pour le confort de vie, il faut privilégier le recyclage, ou les matériaux alternatifs, car on ne peut reformer des ressources naturelles. Energies renouvelables de même sont à développer. Mais les défis écologiques mondiaux relèvent d’une coordination mondiale, primant sur les décisions nationales. Éva Joly prônait dans son programme la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement. Choix judicieux qui permettrait une meilleure répartition des ressources. Car ceux qui profitent le plus (trop ?) des ressources naturelles devraient réduire leur consommation (ce qui réglerait par exemple le problème de la malbouffe), et redistribuer aux pays « nécessiteux ».

Pour le vieillissement, des réformes des systèmes de protection sociale s’imposent. L’initiative de l’ex-Président Sarkozy d’allonger l’âge de départ à la retraire à 62 ans est très judicieuse, mais encore insuffisante. Pour l’instant. Il faudra encore aller plus loin dans quelques années, quand le système sera de nouveau trop déficitaire. Et cet allongement de l’âge de départ à la retraite doit se généraliser. Ceci est déjà le cas dans certains pays européens, à cause de la crise. Pour le remboursement des frais de santé, le problème est plus délicat, car on peut difficilement empêcher quelqu’un d’être malade. On peut toute fois réduire le coût pour l’Etat des hôpitaux, qui souffrent de certains pratiques faisant baisser son efficacité, comme par exemple l’occupation d’un lit pour la nuit après une simple opération de la cataracte. On pourrait aussi lancer de plus amples programmes de prévention, comme aujourd’hui pour le dépistage du cancer du sein, ou l’utilisation abusive des antibiotiques, ce qui réduirait le déficit de la Sécurité sociale, la santé publique approfitant par la même occasion cette prévention. La mesure ultime étant de dé-rembourser certains médicaments. Ce qui ne comporte pas que des avantages.

Enfin, pour rectifier le propos du début de l’article, nous nous devons de dire que cette notion d’accroissement effréné de la population est à nuancer. En 1950, le taux d’accroissement naturel mondial était d’environ 18 pour mille. Aujourd’hui, il n’est que d’environ 10 pour mille. Et il est prévu qu’en 2050, il ne soit plus que d’environ 3 pour mille. Il est prévu aussi qu’après ce pic de 9 milliards d’êtres humains en 2050, le nombre d’habitants de la Terre commence à descendre. De plus, les prévisions ont toujours tendance à montrer une population généralement plus nombreuse qu’elle ne le sera réellement. Enfin, des mesures peuvent être prises dans les pays en voie de développement ou « non-développés » pour limiter la natalité, en apprenant par exemple aux femmes quels sont les moyens de contraception. On peut aussi favoriser l’éducation des jeunes filles, ce qui leur fera quitter leur rôle unique de mère, faisant ainsi réduire la natalité. Et comme nous l’avons déjà vu, ce n’est pas la seule mesure pour parer au problème de la surpopulation qui ferait « d’une pierre de coup ».

Scipion

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