Made in France: marinière, mon amour

La marinière est le nouveau produit « hype » de l’automne. L’effet de publicité de la « Une » du Parisien magazine est impressionnant : une hausse substantielle des ventes du produit phare de la marque quimpéroise et un site internet qui voit sa fréquentation passer de 2000 à 6000 visiteurs quotidiens. Un coup de « pub » bienvenu sans doute pour le « Made in France » mais qui peut tout de même interroger :

  • Armor Lux produit certes en France, mais pas l’ensemble de sa production. Seuls 40% des vêtements sont fabriqués en France, où ils sont assemblés. Le reste est produit au Maghreb. C’est donc une entreprise dont la majorité de la production s’effectue à l’étranger. Sans remettre en cause l’intérêt de la communication politique (efficace) ni la qualité des produits en question (reconnue, et pas seulement des Bretons), il n’en demeure pas moins que ce n’est pas du « 100% Made in France » et que le fameux label en gestation n’est pas près de voir le jour.

  • Quel pourcentage de « Made in France » pour obtenir le précieux sésame ? Quels composants dans un produit fini ? On voit déjà les experts s’écharper : « Le moteur est français, c’est du « Made in France ». « Ah non, c’est tout ou rien. Et puis regardez cet accessoire made in Laos, quel scandale! ». Ou encore : « Le coton ne pousse pas en France ». « Certes, mais les bonnets, oui. Enfin non, mais les bonnets de soutien-gorge y sont réalisés, pas l’armature, qui est vietnamienne ». Bon courage…

  • En effet, la mondialisation est passée par là, et rares sont les entreprises de taille moyenne (a fortiori dans le secteur textile) à tout produire en France.Les innovations technologiques (comme le « textile intelligent ») ou l’argument de la qualité « française » peuvent permettre à des « marchés de niche » de subsister, et même d’engranger des profits. Cependant, il e st impossible pour ces entreprises de construire un « business model » entièrement français si elles ont une ambition internationale. On peut le déplorer à loisir, devenir nostalgique, se rengorger des « fleurons » de l’industrie française – le luxe, l’aéronautique, les jeux vidéo… On peut, soyons fous ou audacieux, s’installer dans le Larzac et démarrer un élevage de chèvres. Pour se rendre compte au final qu’aujourd’hui, le fermier isolé est aussi partie prenante de cette mondialisation (fût-ce, souvent, pour la subir).

Ce n’est pas en soi un mal, et peut-être est-ce d’ailleurs une planche de salut pour l’industrie française : rester (un peu) en France tout en ne se coupant pas des investissements à l’étranger. Ou comment faire du patriotisme économique tout en maintenant des coûts supportables pour le consommateur… Que ferait la ménagère française si la marinière était affichée en moyenne à 70 euros ? Elle passerait probablement son chemin…et en oublierait l’atout charme ministériel pour lui préférer son porte-monnaie.
Agrippine

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