Pourquoi ce gouvernement est un bon gouvernement

Ces jours-ci, la presse s’acharne, de même que l’opposition, de manière immodérée sur le gouvernement, et en particulier sur Jean-Marc Ayrault. Retours en arrière et propos non concertés reçoivent une pluie de « couacs » de la part des journalistes. Il en va de même de l’opposition qui n’était apparemment pas au gouvernement 6 mois plus tôt et qui n’a pas un bilan lamentable. Les mauvaises langues qui se voient déjà présidentes en 2017 se délient pour frapper. Pourtant, le gouvernement trace sa route, les marques d’exaspération étant finalement faibles et surtout noyées dans un gloubi-boulga corrosif. Cet article a pour but de montrer que l’on peut objectivement trouver ce gouvernement bon.

Les sondages d’opinion tombent chaque semaine, plus incisifs, on y voit le Président et son Premier Ministre tomber toujours plus bas, « presque autant que Chirac ». Rappelons que Nicolas Sarkozy est tombé dans les sondages pendant 5 ans en restant toujours aux environs de 30%. De plus, il est tellement plus facile de lancer un chiffre que de l’analyser. Crise. La France est en crise. Surprise. Qui dirait au gouvernement « Le chômage augmente, j’aime bien ce que vous faites ». Bien sûr, M. Qui est plongé dans une grogne chronique qui lui empêche de considérer que ce gouvernement n’est là que depuis quelques mois et que vu l’état de l’Etat à son arrivée, le contraire eut été dur. Pourtant, jamais depuis le début de la crise le gouvernement n’avait agit avec autant de verve et de réalisme. Avec le précédent, on a dû attendre la dernière allocution à l’Elysée avec TF1 et FR2 pour avoir des annonces qui puissent faire penser à un semblant de rigueur, dont la fameuse TVA sociale ou anti-délocalisation, qui en dépit de tout débat a la mérite d’être une idée au moins valable. Cela faisait déjà des mois qu’on ne parlait plus de rigueur mais d’austérité, coincés entre le modèle allemand et l’horreur grecque. Il suffirait de vivre un jour en Grèce pour se rendre compte que notre austérité, même celle d’aujourd’hui, fait bien pâle figure.

Après le cadeau de 10 milliards d’économie à trouver, laissée par l’équipe Fillon, l’équipe Ayrault a eu à trouver 30 milliards d’économie. Un geste courageux, car il est certes déplaisant pour son électorat de se faire enlever 10 milliards de plus (pour les ménages). Sarkozy pensait qu’il fallait faire croire qu’il n’y avait pas de crise (sauf quand il s’agissait de se dédouaner d’échecs) pour se faire réélire, Hollande sait qu’il ne se fera pas réélire sans résoudre la crise. Cette cure de rigueur à l’allemande n’est facile pour aucun gouvernement (on se rappelle la ministre italienne du travail pleurant en annonçant son plan pour les retraites), mais est indispensable, bien qu’il eut fallu la commencer bien avant. Le rééquilibrage des comptes est ce qui doit permettre de remettre les finances droites pour lancer le plan de croissance prévu par Hollande et indispensable pour sortir de la crise.

François Hollande n’a jamais fait d’accolade à Angela Merkel comme son prédécesseur, ce qui est entre parenthèses bien familier. Pourtant, il a réussit à établir un contact avec une femme qui a soutenu son adversaire et qui prône une politique contraire à la sienne. Tous les opposait, mais ils ont trouvé un compromis – la rigueur pour préparer la croissance – le Président français ayant réussi à imposer quelques unes de ses vues, en espérant -summum – imposer celle des euro-obligations. Alors qu’il s’avançait en guerrier, ses détracteurs l’ont accusé de s’être dégonflé, tout en faisant un pas de plus vers l’union des Etats.

Le programme du candidat socialiste a été plutôt bien appliqué, et tout ce qui s’en écarte pour l’instant fait preuve de pragmatisme. Pour l’instant, les avancées comme le mariage homosexuel sont en bonne voie, le projet va être examiné au Parlement. Les initiatives sont intéressantes, comme sur le logement, où la politique de réquisition est en bonne voie pour être appliquée. Bien sûr, tout n’est pas tout de suite acquis, comme le droit de vote pour les étrangers aux élections municipales. Notamment car la gauche n’a pas les 3/5e du Parlement, ce qu’elle n’avait pas forcément anticipé. Mais le recul se fait surtout car les Français sont moins promptes à accepter des changements idéologiques quand il faut déjà régler un crise qui frappe dur.

Enfin, la présidence Hollande marque un changement dans la manière de gouverner ce pays. Même si toutes ces concertations traînent en longueur et que l’activité de Nicolas Sarkozy n’était pas anormal vu son rôle, elles ont pour mérite de respecter la démocratie, et de ne pas imposer ses décisions aux autres sans avoir discuté auparavant. Les syndicats ayant retrouvé leur droit à la parole, les tentatives de défense des ouvriers pourra peut-être enfin sauver des emplois. De surcroît, il est sympathique de voir que les ministres ont un cerveau et des idées, et qu’ils ne répètent pas scrupuleusement et aveuglément les desiderata de la direction. Il suffit juste de distinguer les fonctions, mais le débat subsiste, ce qui évite les discours vides de sens. L’essentiel étant que la hiérarchie ne plie pas 24h/24 aux dires de ses ministres, ce qui ne semble pour l’instant pas le cas. Mais pour en convaincre le reste de la France, il leur faudra bien du courage.

Scipion

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