Chine : La nécessité d’une transition sociale

Un nouveau dirigeant mandarin s’apprête à succéder à Hu Jintao, du fameux nom de Xi Jiping. Le pays est d’un point de vue économique en grande réussite : une croissance économique toujours supérieure à 5% par an, une deuxième place au classement des plus grandes puissances mondiales, des investissements qui rapportent … Une forme économique à faire pâlir les puissances occidentales, affrontant la récession ou la croissance molle. Pour autant, cette richesse repose sur des faiblesses : une économie dépendante des exportations, une monnaie fortement sous-évaluée, une bulle immobilière sous-estimée … Mais surtout, la Chine tire son avantage compétitif avec un coût du travail extrêmement faible, conséquent à des salaires extrêmement bas. Dans les campagnes, ou dans les classes ouvrières, le niveau de vie de la majorité des travailleurs chinois approche une précarité digne de pays en voie de développement. L’opposition en réaction à cette situation monte. Certes, Hu Jintao a promis de créer un réel système de retraites, une protection sociale également. Mais ce que doit réaliser à tout prix Xi Jiping, c’est une transition sociale, comme celle qui a pu s’opérer dans les pays occidentaux au début du XXe siècle. Sans cela, la Chine sera face à une importante révolte sociale, capable de perturber son économie.

L’Histoire nous montre que les transitions sociales ont été d’une importante capitale. Au début du XXe siècle, le capitalisme naissant a approfondi des inégalités, atteignant des records, malgré l’apparition de classes moyennes. Aussi, l’opposition ouvrière et paysanne a pu se former dans des mouvements radicaux, respectant pour la majorité d’entre eux le marxisme, ou les idées de George Sorel. Face à cette opposition inquiétante, menaçante et considérable, deux types de réactions gouvernementales ont eu lieu. La première, la plus répandue, est l’apparition de gouvernements progressistes (Theodore Roosevelt, Wilson aux Etats-Unis, Clemenceau en France de 1906 à 1909, Lloyd George en Angleterre), à l’écoute des protestations. Ainsi, des mesures progressistes ont été prises (la journée de 8h en France par Clémenceau par exemple), qui ont peu calmé les mouvements ouvriers révolutionnaires et les tensions sociales. Le deuxième type de réaction est plus funeste, le plus célèbre exemple est la Russie. Face aux importantes protestations ouvrières, le tsar Nicolas II, au lieu d’écouter les revendications, a décidé de réprimer les mouvements et de faire taire ces derniers. Ainsi, les mouvements ont pris de l’ampleur, jusqu’à la chute du tsar en mas 1917, puis l’instauration au pouvoir des fameux bolcheviks au pouvoir. On voit bien sûr quelle a été la réaction la plus profitable, la plus intelligente.

La Chine se retrouve entre ces deux chemins. La première solution, celle de rendre le capitalisme chinois moins libéral et un peu plus juste, permet d’accorder l’économie et le social harmonieusement. De plus, elle permet aussi d’accroître les capacités d’un marché intérieur qui manifeste pour le moment une demande insuffisante, en particulier dans l’immobilier. Mais la deuxième solution, qui n’a pas encore été envisagée, mènerait à une fin chaotique : des tensions sociales importantes, des révoltes … Et surtout une inégalité qui se creuserait de plus en plus. Hu Jintao a bien compris ces enjeux, à Xi Jiping de faire de même.

Rocigre

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