Le défi entrepreneurial

Entreprise-virtuelle

Le gouvernement a récemment annoncé le projet de loi de simplification administrative, en particulier dans les démarches de lancement d’entreprises. S’il constitue un premier pas vers les entreprises françaises et notamment les fameuses PME, aucune politique entrepreneuriale complète et efficace, avec une vision à long terme, n’a été décidée ou imaginée par nos dirigeants. Il s’agit en effet d’un sujet assez sensible pour la gauche française : l’aile gauche s’embourbe dans un discours «anti-patron » avec de nombreux amalgames, tandis que l’aile droite tend à se rapprocher d’une vision libérale propre au centre droit, mais qui renie les idées sociales, voire progressistes, issues du socialisme. Le consensus entre ces deux tendances peut permettre l’élaboration d’un véritable projet pour les entreprises françaises qui tiendrait compte des nécessités sociales.

Dès le début du mandat de François Hollande, à chaque rapprochement avec les dirigeants d’entreprises et notamment le Medef, Jean-Luc Mélenchon et une partie du PS criaient au scandale : comment un président se disant socialiste pouvait agir en faveur des odieux patrons d’entreprises ? Ces personnes pétries dans de nombreux privilèges, des stock-options aux parachutes dorés ? Et qui sont les tenants d’un ultralibéralisme apocalyptique ? S’il est vrai que de nombreux dirigeants de grands groupes ont eu accès à des avantages particulièrement injustes, par exemple des salaires annuels à plusieurs millions d’euros, il ne s’agit que d’une minorité. Bien au contraire, de nombreuses PME et TPE connaissent des difficultés en ce temps de crise, et essayent tant bien que mal de garder leurs têtes hors de l’eau. Ce discours cher au Front de Gauche et à l’aile gauche du PS comprend de nombreux amalgames, presque populistes, entre une minorité dirigeant les Sociétés Anonymes et une majorité à la tête d’entreprises plus modestes. En dehors de la forme, le fond reste tout aussi contestable. Rappelons quelques bases économiques : les entreprises produisent des bénéfices, de la valeur ajoutée. Elles produisent ainsi de la richesse. Le PIB et donc la croissance économique dépendent de ces productions de richesse, puisqu’il mesure la somme des valeurs ajoutés en un territoire donné. Or, cette gauche de la gauche s’insurge contre les seuls acteurs producteurs de richesse : en prétextant protéger à tout prix l’humble travailleur exploité, elle s’oppose à toutes mesures qui aideraient entre autres les PME. Pourtant, on ne peut réaliser un redressement économique sans l’activité essentielle des entreprises françaises, qui ont de plus des atouts pour s’intégrer aux projets de cette gauche (par exemple dans les investissements pour la relance).

On ne peut cependant nier les fautes commises dans les entreprises françaises de grande taille. Que ce soit des injustices sociales (le salaire du patron équivalent à mille fois le salaire de l’ouvrier au bas de la hiérarchie, ou l’ignorance des syndicats de salariés), ou des manœuvres douteuses (certaines tâches sous traitées à des enfants du tiers monde, mis en évidence l’incendie de l’usine de Dacca au Bangladesh en mai dernier), on ne peut concevoir un redressement ou un quelconque développement économique sans poser la question de la responsabilité au sein des entreprises. Aussi, entrepreneuriat social a montré qu’il était possible de bâtir des modèles alliant un certain libéralisme économique et une justice sociale intéressante : on observe, par exemple, dans ces structures des échelles de salaires de 1 à 10, alors qu’une partie de la droite s’insurgeait quant à la possibilité d’une échelle de 1 à 20. Il allie surtout le souci d’assurer en quelque sorte le « bien commun » avec la nécessité lucrative. Certains argumenteront en faveur du pouvoir en place en expliquant qu’il est suffisamment à l’écoute du Medef, notamment avec le fameux et désormais célèbre pacte de compétitivité. Le Medef n’est pas représentatif de toutes les entreprises françaises : le mouvement concentre surtout des dirigeants de sociétés anonymes, du moins dans l’écrasante majorité. Le premier réflexe de Laurence Parisot suite à l’incendie de Dacca fut de nier l’implication, pourtant évidente, des grands groupes français … En ce qui concerne le pacte de compétitivité et en particulier les 20 milliards d’euros de crédit d’impôt, ils vont principalement renforcer ces grands groupes, et par conséquent auront peu de chance de se voir réinvestir.

La gauche a donc un rôle important à jouer : élaborer un véritable projet entrepreneurial. Simplifier les tâches pour les entreprises, les aider, tout en n’oubliant pas l’enjeu essentiel de la responsabilité en alliant les idéaux socialistes. Ce projet est possible : c’est ce que nous montre l’entrepreneuriat social. Il faut donc réglementer, créer des lois, afin de rendre les comportements de ce type de structures systématiques, pour allier le social avec le futur redressement économique. La question écologique, bien que moins longue à traiter, n’est pas à mettre de côté : une fiscalité écologique est de plus en plus envisageable. Finalement, ce projet, ce ne serait qu’un développement durable entrepreneurial.

Rocigre

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