La série de l’été 2015 : la note de la NSA sur les Le Pen [fiction]

Jean-Marie et Marine Le Pen, le 30 mars à Nice.

C’était le bon temps. Crédits: AFP/Boris Horvat sur lemonde.fr.

Le blog Démosthène 2012 est – à l’aide de moyens que nous préférons taire car dignes de la fédération UMP des Hauts-de-Seine du temps de Pasqua (RIP en paix, Charles) – parvenu à obtenir une note de la NSA sur la tragi-comédie freudienne des Le Pen. Alertée par les derniers résultats électoraux en France, l’organisation a décidé d’espionner les communications de Marine Le Pen. Elle a réussi à obtenir la photocopie d’une lettre de Jean-Marie Le Pen à sa fille, grâce à la complicité d’un agent infiltré, que nous nommerons Gilbert C. par respect pour son anonymat. L’ancien chef du Front National y fait part de son aversion pour le tournant qu’a pris le parti, ainsi que de son désir de changer d’air loin de Montretout.

En dépit de la confirmation de Jean-Marie Le Pen à son poste de Président d’honneur par la justice, celui-ci ne semble pas vouloir retrouver de responsabilité au sein du Front National et n’a pas de mots assez durs pour le décrire. Il dénonce ainsi « cette nouvelle Sodome » qu’est devenu le parti depuis que le « décadent » Philippot est devenu le protégé de sa fille, annonçant « l’arrivée massive de pédophiles et de sidaïques dans [nos] rangs, déjà qu’[ils ont] beaucoup de francs-maçons ». Il s’en remet à Bruno Gollnisch, fidèle parmi les fidèles, pour empêcher que le parti que Le Pen a cofondé ne devienne celui « de la polygamie généralisée » et qu’il promeuve à nouveau les valeurs de « la vraie France, celle des années trente », avant d’enchaîner sur une citation de Drieu la Rochelle.

Mais ce n’est pas tout quant à la dégradation du parti. Les adhérents auraient été manipulés par une « propagande homo-socio-gaulliste omniprésente », positionnant Marine Le Pen « un peu à la gauche de Georges Marchais, juste sur les genoux de Lénine ». La volonté de la présidente du Front National de séduire les « oubliés » fait bondir l’octogénaire qui juge qu’elle « ferai[t] mieux d’entrer dans les ordres si c’est pour devenir mère Theresa ». Ce n’est selon lui qu’une question de temps avant que le Front National n’inscrive à programme la collectivisation des terres agricoles « assurée par une intelligentsia déjà bien active au siège de Nanterre, grâce au toutou Collard ». A ceci, notre agent a rajouté en interligne : « le toutou vous emmerde ». Jean-Marie Le Pen dit regretter le temps où on travaillait jusqu’à sa mort, 48h par semaine, « sans syndicaliste portugais pour bloquer les autoroutes pendant les vacances ». Le patriarche trouve que le parti perd un peu trop de temps en procédures contre les candidats auteurs de propos homophobes et anti-musulmans et que son anti-intellectualisme le prive de grandes plumes comme Alain Soral ou Robert Faurisson. Il ajoute que « ce n’est quand même pas un crime d’avoir une photo de tonton Adolf chez soi. Avoir des murs tapissés de photos du Maréchal, ça peut devenir monotone ».

Toutefois, c’est sur la politique migratoire que le père a le plus de contentieux avec sa fille. Il soupçonne Hénin-Beaumont, ville frontiste depuis 2014, d’être une plaque tournante du trafic de migrants en Europe, « avec l’appui de fonds secrets de la techno-bureaucratie bruxelloise », avec comme chef d’orchestre la « lopette passeuse de migrants » Steeve Briois, « coupable de vouloir basaner irréversiblement notre race ». La fin du paragraphe n’est qu’élucubrations séniles qui donneraient facilement des aigreurs d’estomac à Anders Breivik, pour finir par conseiller « une bonne rafle comme on n’en fait plus ». Jean-Marie Le Pen attaque ensuite la gestion du parti. Marine Le Pen travaillerait apparemment à placer ses sous-fifres au sein du comité central en éliminant tous les éléments historiques, « comme jadis le fit Joseph Staline au sein du Parti Communiste d’Union Soviétique ». Il prévient que son micro-parti Cotelec n’assurera plus de prêts aux candidats et qu’il laissera le soin à ces derniers d’appeler le micro-parti Jeanne au secours. Il estime que de toute façon, le Front National a récemment fait des économies en sous-traitant sa communication à la « coalition bourdino-pujadiste dirigée dans l’ombre par un quarteron de financiers sionistes ».

Où l'on apprend que Gilbert Collard ne voulait pas être élu maire (et qu'il a fait un mois de cachot)

Le futur ministre de la Santé. Crédits: Pascal Guyot/AFP

Finalement, Jean-Marie Le Pen ne trouve satisfaction qu’en sa petite-fille Marion « Jeanne d’Arc » Maréchal Le Pen qui l’a défendu contre sa tante. Malgré sa récente volte-face due à sa campagne en PACA, son grand-père souhaite en faire son bras droit, étant persuadé qu’elle sera la mieux à même de lutter après sa mort contre « l’invasion arabo-bobo-bolchevik ». On peut douter du fait qu’elle acceptera, car ce n’est pas de tout repos d’être le bras droit d’un semi-négationniste. D’autres sources nous ont par ailleurs indiqué que la jeune députée aurait décliné la proposition, car « son grand-père est une machine à dérapages, il pourrait faire couler un paquebot s’il s’y accrochait ». Jean-Marie Le Pen conclut sur ses velléités d’exil. Il proclame ne pouvoir rester dans un pays qui élirait une « traîtresse parricide, totalitaire et mondialiste » comme Présidente de la République. Il a ainsi refusé la proposition d’Alain Delon de partir à Los Angeles parce que « les Etats-Unis ont beaucoup perdu depuis les années soixante et [que] les Américains sont intervenus en 44 alors que les Français s’en sortaient très bien », même s’il salue leur liberté d’expression sans limite et « leurs jolis chapeaux blancs pointus ». Il imagine que l’accès à la Russie lui sera interdit en raison du « copinage financier intensif [de Marine Le Pen] avec les popofs ». Finalement, il ira finir sa vie en Corée du Nord, « là où on a vraiment du respect pour son père », après avoir fait un pèlerinage à l’île d’Yeu et être passé prendre « quelques affaires » en Suisse.

En conclusion, il convient donc d’informer le Président que la Corée du Nord ne sera bientôt plus une menace pour la sécurité des Etats-Unis d’Amérique. Jean-Marie Le Pen a fait beaucoup de dégâts au cours de sa vie en dehors du système, qui sait quel potentiel de destruction il pourrait révéler à l’intérieur …

Scipion

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