Sécession et « marronnage » : Christophe Guilly, géographe militant

Après avoir achevé Le crépuscule de la France d’en haut, le lecteur ne faisant pas partie des classes « populaires », votant (encore) à gauche risque de ressentir une forte envie de jeter le livre contre un mur, par la fenêtre, de le déchirer en petits morceaux ou de convoquer son auteur dans une ruelle sombre pour un duel de trottinettes électriques. Christophe Guilluy est en effet un auteur qu’il est commode d’appeler « polémique » voire « néo-réac », dénominations fourre-tout au possible. Encore plus agaçant pour ses détracteurs, sa qualité de géographe, qui lui permet de dégainer des arguments factuels, purement statistiques, se servant de l’INSEE comme d’un revolver – Emmanuel Macron et François Fillon, notamment, sont des victimes de choix du cow-boy géographe. Guilluy utilise donc des faits, des fiches pour asséner, au final, ce qu’il faut bien appeler un propos militant. Lire la suite

Génération iTélé ?

Les salariés en grève le 25 octobre

Les salariés en grève le 25 octobre

 Je me souviens des débuts d’iTélé. C’était avant la TNT, avant le numérique, à l’époque où seuls les câblés pouvaient assouvir leur passion pour l’information à outrance. Abonnée Noos à l’époque, je me réjouissais des directs nocturnes où des reporters frigorifiés attendaient devant un hôpital, débitant chaque demi-heure les mêmes phrases vides de sens. Lire la suite

Ségrégation scolaire à Paris : Piketty entre en guerre

Le collège Maurice Utrillo, Paris 18ème
Le collège Maurice Utrillo, Paris 18ème

Thomas Piketty jette un pavé dans la mare dans son entretien au « Monde », intitulé « La ségrégation sociale dans les collèges atteint des sommets inacceptables ». Et la ministre de l’Education de lui répondre le lendemain, dans ces mêmes colonnes, pour expliquer, en résumé, que ce n’est pas tout à fait vrai et qu’on ne peut, de toute manière, pas changer les choses d’un coup de baguette magique.

Vraiment, la ségrégation scolaire existe-t-elle ? A Paris ? La question a de quoi surprendre tant la réponse est évidente. Lire la suite

Quand la colère nous aveugle

Les moments les plus insouciants sont ceux où intervient ce qu’il y a de plus tragique. C’est au début de l’été, à Nice, sur la promenade des Anglais, alors que les familles et les amis se réunissaient en ce jour de festivités, que l’impossible s’est produit, comme pour nous rappeler l’obscure chape de plomb qui reste en suspens au-dessus de nous. Dans la nuit du 14 au 15 Juillet, le terrorisme a fait plus de 80 victimes. Face à la barbarie, nous sommes et nous devons être tous unis, solidaires, et surtout indivisibles. Le mot fraternité prend tout son sens quand nous sommes touchés de plein fouet par la terreur, en ce jour de fête nationale qui célèbre, ne l’oublions pas, l’avènement des Lumières sur l’obscurantisme religieux.

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Hommage aux victimes des attentats de Nice (Source : Le Monde)

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Jacques Attali, encore lui !

Jacques Attali revient une nouvelle fois sur la scène politique en présentant un nouveau programme en vue des prochaines élections présidentielles. Les propositions ont été élaborées avec un comité de citoyens d’horizons divers, France 2022, et surtout indépendants, point sur lequel il insiste particulièrement. Néanmoins, étant donnée l’apparition de thèmes chers à l’ancien conseiller de Mitterrand tels que la formation ou l’Europe, le lecteur comprendra vite que les mesures énoncées reflètent sa propre vision de la France. En dépit de sa bonne volonté (ou de son acharnement pour certains), et après de multiples programmes et rapports rédigés par ses soins et ignorés, en grande partie du moins, par nos dirigeants successifs, ce nouveau projet est-il voué à n’être qu’une énième tentative oubliée ?

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Jacques Attali, comme toujours avec plein de nouvelles idées forcément indispensables. (20 minutes)

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Grabuge à Sciences Po

A droite, une étudiante de Sciences Po qui porte le voile tous les jours. A gauche, une autre qui en a revêtu un en solidarité, lors du Hijab Day, le 20 avril.

Hijab Day mercredi 20 Avril à Sciences Po Paris. Crédits : Elvire Camus pour Le Monde

Que se passe-t-il pour que l’on parle tant de Sciences Po cette année ? Cela a commencé à la rentrée, où le FN retrouvait une place institutionnelle à Sciences Po après 25 ans d’absence, avant que la section ne se donne le nom en Mars dernier de « Jean Moulin ». Le 20 Avril dernier, un collectif d’étudiantes organisait un « Hijab Day » à Sciences Po, initiative qui ne pouvait évidemment que faire parler d’elle et qui fit en effet parler d’elle jusqu’au Parlement. Le même jour, l’association Sciences Po-Paris IV invitait pour une conférence Alain de Benoist, idéologue de l’extrême-droite (ou de la droite extrême, pour parler poliment). D’où cette question : Sciences Po serait-elle en train de perdre la tête ? Lire la suite

Le foulard islamique, un jeu dangereux ?

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Comme c’est maintenant l’usage, un sujet de fond a été projeté sur la scène publique sous la forme d’une polémique très accessoire, qui n’a duré qu’un jour sans compter les multiples répliques qui lui ont succédé la semaine suivante. Dolce & Gabbana venait d’annoncer qu’ils se mettaient à la « modest fashion » (traduisez « mode pudique », une expression très politiquement correcte pour dire « mode islamique »). Laurence Rossignol, en charge du tristement nommé « ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes », interrogée par Jean-Jacques Bourdin sur le sujet, et notamment sur celui de savoir des femmes pouvaient choisir de porter le voile, avait répondu qu’il y avait aussi des « nègres américains qui étaient pour l’esclavage », employant au passage le terme de « franco-musulman » (alors que Français « musulman » convenait déjà très bien), avant de maintenir ses propos puis de s’excuser pour une « faute de langage ». Lire la suite